9 janv. 2009

Le foot pour les nuls (ep.1)



Le fait est que tous mes amis ne sont pas fans de foot.

Même si ma femme me conseille souvent de "retourner taper dans un ballon" dès que je me lance dans la préparation d'une omelette ou quand je veux redresser une étagère, (ce qui n'arrive pas souvent non plus), on me demande souvent conseil sur des questions basiques concernant le foot.

Je vais donc m'efforcer dans ce blog d'apporter quelques éclaircissements sur les différentes questions que le non abonné à l'équipe peut se poser.

Aujourd'hui : les différentes compétitions nationales disputées par les clubs durant une saison en France.


1 - Le championnat de Ligue 1.



20 clubs se rencontrent en matches aller-retour entre août et mai, soit 38 matches.
Chaque match gagné rapporte 3 points. Un match nul 1pt, une défaite 0pt.
A la fin, il y a un champion (celui qui a le plus de points) , un 2è, un 3è, etc.
Les 18è, 19è et 20è descendent en Ligue 2. Pour les remplacer, les 3 1ers de Ligue 2 montent en Ligue 1.
Le classement vous qualifie ou non pour pour une coupe d'Europe; j'y reviendrai dans l'épisode 2.

Lyon est champion de France depuis 7 ans.


2 - La coupe de France.

Créée en 1917. la compétition qui fait rêver les amateurs. Un mythe. Pourquoi ? Parce que c'est la seule compétition qui permet à des clubs amateurs de battre des pros, ou des équipes d'un niveau supérieur.


Le plus petit club de village peut s'y inscrire. Environ 6500 clubs l'ont disputée la saison dernière. Les 1ers tours se disputent entre clubs de petit niveau ; il y a un tirage au sort ; vous tombez contre une équipe de votre région, (sinon on s'en sort pas ; le petit club breton amateur n'a pas le budget pour aller jouer en corse...) le vainqueur se qualifie, le perdant est éliminé.

Au fur et à mesure des tours, les équipes de plus haut niveau entrent en piste.

Les équipes de Ligue 1 arrivent en 32è/finale, et rencontrent des équipes qui, elles, ont déjà passé des tours. C'est l'occasion d'avoir de belles surprises chaque année, et l'histoire de la coupe est faites d'exploits de petits qui ont mangé les "gros", comme par exemple Calais qui, en 2000, s'est hissé en finale au stade de France alors que l'équipe évoluait en CFA, l'équivalent de la 4è division !

Vainqueur en 2008 : Lyon qui a donc réussi le doublé championnat-coupe.


3 - La coupe de la Ligue.


Créée en 1994, elle réunit uniquement les clubs professionnels : Ligue 1, Ligue 2 et quelques-uns de National (niveau 3), soit une petite cinquantaine de clubs ; on est loin des 6000 ou 7000 de la coupe de France.


Avantages pour les clubs, cette coupe rapporte plus d'argent et demande moins d'efforts que la coupe de France. Moins d'équipes en lice, donc moins de matches pour aller gagner un trophée.

Vainqueur l'an passé : le PSG.

Voilà.

Ne ratez pas l'épisode 2.....avec les Coupes d'Europe !

Qui y participe ? comment ? pourquoi même certains journalistes n'y comprennent rien ?
De toutes façons ils s'en foutent ; les journalistes se moquent du foot ; eux , ils parlent de choses sérieuses (comme les chaussures de Rachida Dati...).

L'hiver, il fait froid. Et l'eau, ça mouille ?

Salut à tous.

Donc, en ce moment on parle plus des matches de foot reportés, des terrains impraticables, des bâches inefficaces que de foot.
Oui, les dirigeants de nos instances de football font le calendrier.
Oui, ils font parfois n'importe quoi.
Oui, il fait froid l'hiver. Parfois, il gèle et et il neige. Nous sommes en Europe occidentale. Climat tempéré sujet aux saisons.

Et tout le monde semble prit de court à chaque fois. Je vous annonce que ce sera le même bordel l'an prochain, puisque on doit jouer le 9 janvier 2010. Et encore, c'était prévu le 2. C'est vrai que le 9 ça change tout...

Franchement, savoir si tel match aurait du avoir lieu ou pas, si tel président a usé de son influence auprès des officiels de la FFF pour jouer on pas , je m'en fout.
Le fait est que c'est le foutoir. Les bâches ne protègent pas, les stades français ont besoin d'être rafraîchis, et de toutes façons les matches sont presque tous retransmis à la télé (avec la TNT, on n'échappe même plus à Créteil-Romorantin, cher à mon ami
Pierre-Louis Basse)

Pour le spectateur moyen avec son fils, faire 50 km pour voir jouer Concarneau par moins 2° dans un stade obsolète en prenant le risque que le match soit reporté, c'est pas vraiment la soirée rêvée.

Mais hop hop hop, il faut que ça joue.
Canal + paie des millions d'euros pour avoir 4 multiplex par an, c'est à dire tous les matches en même temps : lors des 2 dernières journées en mai (pour des raisons de suspense évidentes), lors de la 1ère journée en août, et lors de la 20 è journée, lors de la reprise après les fêtes, en janvier : c'est demain samedi.
Et le multiplex, c'est mieux en prime-time : 21h, là où les températures descendent largement sous 0°c ; on serait pas mieux à 15h, hmmmmmm? Pour les spectateurs, d'abord, ça éviterait les engelures, et pour les joueurs ensuite, ça diminuerait le risques de blessures.

On a vu un Arras-Nice dans le brouillard, c'était comique. Un Besançon-OM dans des conditions indignes; pathétique.

Tout ça pour dire que le foot, ça se joue l'été. Quels sont les 2 mois pendant lesquels la ligue 1 s'arrête ? Juin et Juillet. On ne s'en étonne même plus.

Mais il faudrait pourtant penser à une révolution. Un championnat de février à novembre, avec une pause en cas d'euro ou de coupe du monde. Ce serait pour moi l'idéal.
Mais je sais bien que c'est une utopie.

Alors de façon réaliste que peut-on faire ?

1 - Refaire des stades accueillants pour toute la famille.
2 -Retarder la fin du championnat à juin dans les années sans Euro ou coupe du monde. Ne pas jouer du 20 décembre au 20 janvier. Les anglais jouent pendant les fêtes, mais eux ont de vraies bonnes pelouses chauffées et des jardiniers compétents.
3 - Virer la coupe de la ligue. Ça ferait moins de matches à jouer. Et le grand public ne comprend rien à l'accumulation des compétitions (Championnat, coupe de France, Champion's league, coupe de l'UEFA), ça suffit.

Déjà, avec ça on aura bien avancé.

Ça nous évitera les numéros de
l'équipe à 4 pages dont 3 de remplissage et 1 de canoë-kayak (sport honorable par ailleurs.)

5 janv. 2009

Le Langage footeux (1ère partie)

Le foot, ce sont des joueurs, du jeu, mais aussi un langage.
Certains acteurs ne sont pas très à l'aise devant un micro, pour employer un euphémisme. On peut être un artiste sur le carré vert et une truffe devant la presse. Commets-je un crime de lèse-majesté si je dis que notre Zizou national en est le parfait exemple ? Bon , tant pis.

Alors, pour donner le change, le joueur a des codes, des formules toutes faites qui sont de sempiternels refrains d'après match. Je me suis surpris à enregistrer "jour de foot" sur canal un samedi après un resto et à regarder les résumés de matches en passant en avance rapide les interviews d'entraîneurs et joueurs ; il me semble que je les connais par coeur et je n'y apprendrai rien.






Certes, quelques-uns s'expriment correctement et loin de moi l'idée de dire que les sportifs n'ont pas de cerveau. Mais on ne peut que constater ce qui suit : ce ne sont que quelques exemples, et j'en reparlerai plus tard, d'où le "1ère partie" dans le titre.



D'abord, préparez-vous à entendre : "le spectacle n'était pas au rendez-vous, mais l'important c'est les 3 points" .
C'est vrai que le garçon ne peut décemment pas dire : " On a joué comme des merdes, mais comme on a gagné on touchera la prime de victoire".

A la mi-temps : "On arrive pas à marquer pour l'instant, mais ils faut dire que l'équipe adverse est bien en place".
Traduisez : "On sait pas comment marquer face à cette défense, ces bâtards jouent à 10 derrière".

A l'attaquant en fin de match à qui on demande son impression sur son but inscrit au cours de la rencontre : "Oui, j'ai eu de la réussite mais c'est toute l'équipe qu'il faut féliciter".
C'est quand même le summum du faux-cul : dans un sport ultra-individualiste, où on change de club comme de short pourvu qu'on gagne plus de sous, on veut nous faire croire que le collectif prime ; alors que ça ne me choquerait pas d'entendre : "ben oui, en ce moment je marque des buts, je pète la forme". C'est pas compliqué.

Au passage, j'adore aussi les formules sur l'entraîneur : "le 4-4-2 c'est le choix du coach" cache en général : "on comprend rien à ce qu'il nous demande, alors c'est le bordel sur la pelouse."

Et je m'étonne toujours de la naïveté de certains journalistes qui croient que le joueur frustré (car souvent remplaçant) va balancer sur le coach, alors que si c'est c'est le cas, il sera sanctionné et jouera encore moins souvent.
Alors ça donne : "oui, je ne joue que des bouts de matches, mais j'essaie d'apporter le maximum à chaque fois que je rentre." au lieu de :
"cet enfoiré ne me fait pas jouer car il ne connaît rien au foot."

Et que dire de la situation du coach sur le point de se faire remercier, mais évidemment soutenu par ses joueurs : "On est à fond derrière le coach, c'est pas lui qui perd les matches, il faut qu'on se serre les coudes et qu'on se défonce pour lui."
Et, une fois l'ancien entraîneur viré, on demande son avis au même joueur sur le nouveau : "Il y a plus de rigueur à l'entraînement, on travaille plus avec le ballon". ah bon ? parce qu'avec l'autre c'était le club med et on jouait à la poupée ?

J'adore aussi les déclarations genre : "il faut continuer à travailler" Ben oui, mon gars comme tout le monde le fait, sauf que tout le monde ne gagne pas 50.000€ par mois et donc tu peux aller faire un footing par 3°, ça fera chialer personne.

Et on ne passera pas sous silence les tournures vides de sens comme : "je crois que bon, ...." "à partir de là...." (spéciale dédicace à Laurent Blanc)

Un fleuron de l'interview footballistique pourrait donc ressembler à :

"Je crois que bon : le match était serré, mais on était bien en place ; à partir de là j'ai réussi à marquer, grâce au travail de mes coéquipiers ; ça prouve que le 4-4-2 du coach a bien fonctionné, mais même si l'important c'est les 3 points, il ne faut pas s'enflammer et continuer à travailler".


Voilà. pensez à moi la prochaine fois que Ribéry passe en interview "esssclusive".